Commémoration du 27 janvier 2017 des enfants juifs mort en déportation

Discours de la Maire du 5e arrondissement à l’occasion de la cérémonie pour la commémoration des enfants juifs du 5e arrondissement morts en déportation

Square Viviani – vendredi 27 janvier 2017

Monsieur le Président

Madame la Secrétaire Générale

Mesdames et Messieurs les proviseurs, principaux, directeurs et directrices d’établissements scolaires

Messieurs les représentants des anciens combattants

Monsieur le Curé

Mesdames et Messieurs les élus

Chers élèves,

Il y 72 ans, le 27 janvier 1945, à 15h00, les soldats de l’Armée Rouge ouvraient les portes du camp d’Auschwitz-Birkenau.

Leonti BRANDT, un soldat russe alors âgé de 17 ans, décrira des années plus tard ce qu’il vit ce jour-là : « Des squelettes attifés de torchons à rayures, des gens sales, blessés, couverts de plaies (…) On ne comprenait même pas si c’étaient des hommes, des femmes ou des enfants, tellement ils étaient maigres. Ils n’avaient plus la force de se mouvoir ».

Au sommet de l’ignominie, si tant est que l’on puisse hiérarchiser l’ignominie, il y a le sort réservé aux enfants.

Entre 12 000 et 14 000 ont été victimes de l’extermination méthodique et scientifique orchestrée par les nazis, dont 6200 à Paris. Dans le Ve arrondissement, 117 furent déportés, dont 13 qui n’étaient même pas encore scolarisés.

Leur faute ? Etre nés juifs dans une époque qui se cherchait des ennemis. Peu importe que les enfants soient l’éternelle incarnation de l’innocence, que leur place soit dans les squares et les cours d’écoles, qu’ils aient encore la vie devant eux, ils seront les premières victimes de cette immonde machine de haine et de destruction. « Dante, dans son Enfer, n’avait rien vu de si atroce », dira l’écrivain juif Vassili GROSSMAN.

D’abord l’Etoile jaune, l’identification et l’inscription sur des registres. Puis les rafles, l’entassement dans des wagons de marchandises, la réduction en esclavage dans les camps de travail d’où ils ne reviendront jamais.

Ne l’oublions pas, dans la France occupée, le régime nazi a pu bénéficier de la collaboration du régime de Vichy. La rafle du Vel d’Hiv, les déportations d’enfants au camp de Drancy sont ces « ces heures noires qui souillent à jamais notre histoire », comme l’a dit le Président CHIRAC en 1995.

Se souvenir, c’est conjurer les tentatives d’effacement.

Dans les camps, une partie de l’humanité a tenté de nier à une autre partie son droit à l’existence, son droit à laisser une trace sur cette terre.

Les nazis voulaient massacrer, réduire en cendre, anéantir les derniers rescapés : aucune preuve, aucun témoignage, aucun souvenir de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants ne devait subsister.

« Ils nous enlèveront jusqu’à notre nom », écrivait Primo LEVI dans Si c’est un homme.

Aux morts, on confisquait le droit de se résigner au sépulcre, les condamnant ainsi à errer pour l’éternité dans la nuit et dans le brouillard.

Aux vivants, on refusait la possibilité même de pleurer ces morts et d’en faire le deuil.

À cet effacement, à cette négation, les démocraties doivent opposer le devoir de mémoire car la mémoire, c’est la vie, et cette vie est toujours portée par les groupes vivants. C’est la mémoire qui « installe le souvenir dans le sacré », pour reprendre la formule de l’historien Pierre NORA.

Aujourd’hui, à travers cette cérémonie – en présence des élèves des établissements scolaires du 5e arrondissement : les écoles élémentaires du 250 bis Saint-Jacques et Rollin, le collège Pierre Alviset, le Lycée Jacques Monod et Henri 4 – nous portons la souvenir de la vie trop brève de tous ces enfants qui ont été déportés vers les camps de la mort.

Nous installons le souvenir dans le sacré pour que les morts ne se transforment jamais en statistiques.

Se souvenir, c’est aussi rester vigilants.

En ce début de XXIe siècle, des juifs français continuent à être assassinés parce qu’ils sont juifs.

Les ombres du passé resurgissent aussi à travers la montée des extrêmes et des théories complotistes qui engendrent méfiance et haine de l’autre.

Ces démons, nous les combattrons de toutes nos forces.

Aux pièges que nous tendent le terrorisme, le repli sur soi, le racisme et l’antisémitisme, nous devons opposer les lumières de la République, comme l’ont fait jadis les « Justes parmi les nations », ces Français qui, au plus noir de la tourmente, ont sauvé des juifs au péril de leur vie.

À l’intolérance, à la tentation de faire de l’étranger le bouc-émissaire, cet éternel responsable de tous nos maux, nous opposons les vertus d’une authentique laïcité. La laïcité n’est pas une arme pour combattre les religions, mais bien une boussole pour les citoyens, croyants ou non, une boussole qui garantit la tolérance pour, tous ensemble, faire face.

Florence BERTHOUT

Maire du 5ème arrondissement

Conseillère régionale d’Île-de-France


Dernière mise à jour le mardi 20 juin 2017

Restez connecté

Lettre d'information

Pour suivre l’actualité de votre arrondissement, inscrivez-vous à la newsletter !

Je m'abonne

Paris j'écoute

11h5712h56
@roualloche
@Parisjecoute Comment peut-on accéder au plan de déplacement de Paris ?
@Parisjecoute

@rouallo Bonjour, vous le trouverez ici : http://ow.ly/4mIVUC Bonne journée !

17h1916h39
@mlauribault
@Paris Où se situent les nouveaux espaces verts ? Merci.
@Parisjecoute

@mlauribault Bonjour, Vous trouverez tous les détails sur les nouveaux espaces verts ici : http://ow.ly/10Ctk8 Bonne journée.

14h814h53
@Djackbroute
@Parisjecoute Bjr, ou est-il possible d'avoir des données concernant l'estimat° du trafic routier à long terme dans certaines rues de Paris?
@Parisjecoute

@Djackbroute Bonjour, il est possible que cette page du site de la Préfecture réponde à votre demande : http://ow.ly/10C9PR

10h5713h1
@nicostewz
@Paris Bonjour, savez-vous si l'affiche de l'inauguration de la Canopée est dispo qqe part?
@Parisjecoute

@nicostewz Bonjour, il n'y en a malheureusement plus. Bonne journée ! cc @Paris

Restez connecté